inspirations pour de nouvelles formes d'écritures
oeuvres ouvertes, prose, jeux de cartes, improvisations, partitions graphiques, art cinétique...tout s'entre-nourrit
l'oeuvre ouverte, l'oeuvre mobile
l'oeuvre ouverte ré-interroge le rapport de l'interprète, du compositeur, et du public à la proposition artistique
comme l'écrit ici, Michel Butor - complice des
aventures d'ouverture musicale du compositeur belge Henri Pousseur :
« Cette passion d'ouvrir des trous dans les remparts, de berner les douanes, c'est aussi, bien sûr, le refus des cloisons étanches à l'intérieur de notre société, c'est la passion d'une société sans classes ni castes, où chacun puisse manifester sa différence, sa relation unique aux autres nœuds du réseau, du flux, de la vibration. Ainsi les œuvres mobiles introduisent-elles une brèche dans la sacro-sainte distinction entre auteur et exécutant, et même entre la salle et la scène, entre musiciens et public » Michel Butor - complice des aventures d'ouverture musicale du compositeur belge Henri Pousseur
jeux de hasard, interrogation de la forme ouverte à travers différentes oeuvres
Marelle (1963) de Julio Cortazar
Livre de Stéphane Mallarmé,
Cent mille milliards de poèmes est un livre animé de poésie combinatoire de Raymond Queneau, publié en 1961.
Les mobiles d'Alexandre Calder
John Cage s'est adossé au hasard à travers sa pensée et sa musique . ici un article sur son rapport au Yi Jing
https://www.diptyqueparis-memento.com/fr/hasard-de-john-cage/
calligrammes et typoésie
Calligrammes (parution de son premier poème-calligramme en 1834) de Guillaume Appollinaire
Un coup de dés jamais n'abolira le hasard (1897) de Stéphane Mallarmé
en 1932, Kurt Schwitters écrit la Ursonate, poésie sonore et visuelle dadaïste


typoésie (1993) par Jérôme Peignot, né en 1926 à Paris, est un romancier, poète, il est connu également pour avoir lancé la notion d'acousmatique dans les années 1960.
Bernard Heidsieck, 1928/2014, poète français, écrit partition V, en 2001 : visuel et sonorité du poème s'entrelacent.
Rotoreliefs et art cinétique
comme autant de partitions possibles
Le phénakistiscope inventé par le
belge Joseph Plateau en 1832 est un des premiers appareils permettant de voir des
images en mouvement

Marcel Duchamp après la réalisation, en 1925 de son film Anemic cinema, crée les Rotoreliefs
: des disques de carton, imprimés de motifs en spirale, à
utiliser sur des tourne-disques : ce sont « des jouets » à produire
l'illusion du volume. ici avec la musique de John Cage :

Victor Vasarely, peintre, plasticien hongrois-français a développé l'art optique vers les années 1960, il met au point un alphabet plastique fait de formes et de couleurs. l'image immobile parait se mouvoir ...

présentes au coeur de nombreuses esthétiques musicales, les partitions graphiques sont d'une grande richesse et diversité. cette diversité apparait avec l'usage de l'electricité, autour de 1910, qui va permettre la reproduction, la diffusion, la découverte de nouveaux sons, le montage, etc, et donc un besoin de notations différentes
quelques noms de compositeur-trices, dont les partitions peuvent prendre la forme de prose, ou de dessins :
Christian Wolff, Cornelius Cardew, Steve Reich, Karlheinz Stockhausen, Pauline Oliveros, John Cage, Roman Haubenstock-Ramati, Morton Feldman, Earle Brown, Eliane Radigue, Luc Ferrari, André Boucourechliev, Francis Miroglio, Sylvano Bussotti, Giacinto Scelsi, Vinko Globokar, Bruno Maderna, Hans-Christoph Steiner, Luigi Russolo, Mauricio Kagel, Georges Aperghis, Terry Riley, Tom Johnson, Brian Eno, Yoko Ono, Christian Marclay, Catherine Kontz....
pour approfondir :
https://balises.bpi.fr/partitions-graphiques-et-improvisation/
et une présentation de Joane Hétu et Danielle Palardy Roger, très agréable et facile à lire :
https://supermusique.qc.ca/res/pdf/psm_151022_CeCo_conference.pdf
ci-dessous : extrait de La passion selon Sade (1965) de Sylvano Bussotti (1931 - 2021), compositeur, peintre, écrivain, metteur en scène italien.
extrait de La passion selon Sade (1965)

la partition comme cartographie
Voyage de la larme (de crocodile), 1977 de
Tona Scherchen-Hsiao, (née en 1938) compositrice suisse, d'origine chinoise : ici, la partition nous donne à voir mouvements ,déplacements physiques, choix d'un chemin dans la partition et dans l'espace, actions théâtrales

aus den sieben tagen de Karlheinsz Stockhausen (1968)
https://stoney.sb.org/eno/oblique.html
Shuffle de Christian Marclay (2007)
Foliage d'Elliott Sharp (2012)
ici un site regroupant des music games : des processus de jeux :
Christian Marclay , surtout connu dans les arts plastiques, et un des premiers DJ, il commence en créant une guitare où il remplace l'ouïe par un vinyle
ici son travail sur les vinyles qu'il prépare avec du scotch
il crée des montages de films autour d'une thématique (les téléphones, les horloges, les coups de feu : Crossfire avec 4 écrans en carré et le rythme des coups de feu crée une musique percussive très impressionnante.
une de ses oeuvres est un film-partition Screenplay (2003)
une émission autour de Marclay :
https://podcloud.fr/podcast/le-cri-du-patchwork/episode/publication-sans-titre-58c891db6e73347c63010000
Fluxus est un mouvement d'art contemporain né dans les années 1960 qui touche aussi bien les arts visuels que la musique et la littérature, par la réalisation de performances la production de livres, de revues, la confection d'objets. Né aux USA, ce mouvement se développera en Europe également.
influencé par le Dadaïsme, et par John Cage (John Cage proposait en 1958 un cours intéressant aussi bien les
musiciens que les artistes et les écrivains : c'est dans ce laboratoire
que se rencontrèrent plusieurs des initiateurs du mouvement Fluxus : Jackson Mac Low, Dick Higgins, George Brecht, ou La Monte Young),
initié par George Maciunas, puis rejoint par Joseph Beuys, Fluxus participe aux
questionnements soulevés par les formes d'arts qui voient le jour dans
les années 1960 et 1970 : statut de l'œuvre d'art, rôle de l'artiste, place de l'art dans la société, .... L'humour et la dérision sont placés au centre de la démarche et participent à la définition de Fluxus comme un non-mouvement, produisant de l'anti-art. parmi les artistes dans le même mouvement, il y a aussi Yoko Ono, Nam June Paik,Robert Wyatt, Allan Kaprow,
Fluxus se caractérise par la difficulté qu'il existe à le définir. Le but de ce mouvement artistique était -est de supprimer toutes frontières entre l'art et la vie : tout est art. Les œuvres Fluxus ne sont pas formelles, ni esthétisées, et ne sont pas même considérées comme des œuvres. L'accent est également mis sur la mise en scène du banal, du quotidien, de tout ce qui ne serait pas de l'art : on ne crée pas un « art beau » mais on met en œuvre un style de vie.
En intégrant le public à la performance artistique, les artistes Fluxus veulent supprimer l'idée d'un art qui se donne à voir et mettent plutôt en avant l'idée d'un art qui s'expérimente, se vit. Les artistes Fluxus insistent également beaucoup sur le côté éphémère de leur art.
l'Art, ou le rendu de l'acte artistique peut être éphémère, mais l'art reste vital, et c'est ce que nous rappelle Fluxus :